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De la nécessité de militer : le chemin tumultueux de la renaissance africaine. 

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » Frantz Fanon – Les damnés de la terre.

Malgré l’abolition de l’esclavage européo-chrétien au milieu du 19e siècle et au début du 20e siècle, l’obtention des droits civiques pour les personnes afro-descendantes aux États-Unis ainsi que les décolonisations des pays africains, les mélanodermes de type africain, où qu’ils soient, continuent de subir préjugés et discriminations. 

En effet, d’Emmett Till à Rosa Parks, nous avons remarqué que quelques gestes anodins pouvaient valoir des sanctions graves, teintées d’une absurdité sans nom. L’un fut tué de la pire des manières pour avoir osé regarder une femme européenne ; l’autre, en faisant acte de résistance dans un bus, se vit arrêtée, placée en garde à vue et condamnée à verser une amende à cause des lois ségrégationnistes encore en vigueur en 1955. 

Au 21ᵉ siècle aussi, des actes malencontreux continuent de se perpétrer contre les mélanodermes de type africain. Il est difficile de ne pas penser à l’affaire George Floyd en 2020 à Minneapolis ou à l’affaire Adama Traoré en 2016 dans le Val-d’Oise, tous deux morts lors d’une interpellation de police. Des bavures de ce type sont légion bien que les noms des victimes ne soient pas aussi connus. 

Le traitement des Afro-Caribéens dans les Antilles (encore sous domination française) et le cas d’Haïti montrent à suffisance que la considération des mélanodermes de type africain est le cadet des soucis des organisations internationales, malgré la bannière des « droits de l’homme ». Cela persiste malgré la bonne volonté de ces populations et leur droit à l’autodétermination. La main tendue ne s’est soldée que par la domination pour les uns et des sanctions financières ridicules pour les autres. Comme le déclare si bien le rappeur franco-haïtien Kery James : « J’ouvre les bras au monde mais seule la peine m’étreint. » (cf. chanson : Kery James – Le Poète noir)

En Afrique subsaharienne, de nombreux cas d’ingérence politique, économique et sécuritaire montrent que l’influence européenne reste significative, limitant souvent la pleine souveraineté et le déploiement du potentiel de ces pays à divers niveaux. 

Il ressort des éléments cités ci-dessus que la condition des mélanodermes de type africain ne s’améliorera pas tant que ces derniers continueront à espérer que le salut viendra de ceux qui ont le moins intérêt à les voir véritablement libres et autonomes. 

Bien des prédécesseurs ont déjà pavé le chemin vers une option plus que viable pour peu que leur héritier soit en mesure de comprendre qu’ils sont une communauté de destin. Du projet « Back to Africa » au panafricanisme, puis finalement à l’État fédéral, les propositions d’union de Marcus Garvey, Kwame Nkrumah, W. E. B. Du Bois, Edward Blyden, Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga et bien d’autres devraient être revisitées conjointement par les mélanodermes de type africain, quel que soit leur aire géographique, afin de concrétiser l’objectif initial hérité des anciens. 

Aussi, le jeune mouvement kamite a tout à fait le droit de se réclamer de tous les mouvements d’émancipation antérieurs et, surtout, il a le devoir de participer à la réalisation du souhait issu des lamentations de nos devanciers. 

Mais attention, nous devons garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas de faire du sectarisme. Il s’agit plutôt de consolider les fondations du berceau pour une humanité qui va se retrouver, en commençant par rassembler d’abord les fils et filles dispersés contre leur gré à travers le monde.

Nous devons garder en tête que la renaissance africaine sera, par ricochet, la renaissance du monde. 

S’agissant des frères et sœurs encore sous l’emprise d’une idéologie religieuse étrangère, il conviendrait d’adopter une approche pédagogique pour les amener à comprendre que celui qui fantasme sur le paradis de ces bourreaux contribue à son propre enfer sur terre, et que la désillusion sera grande outre-tombe. Mais à cela, nous pouvons faire pleinement confiance aux mélanodermes de type africain qui, assurément, régurgiteront toutes ces idéologies nauséeuses qui les brident depuis fort longtemps. 

Que ce cri plein d’enthousiasme poussé par le Sesh Coovi Rekhmiré serve de slogan de ralliement : « Kamites de tous les continents, unissons-nous ! vivre libre ou mourir, nous vaincrons ! Hotep! » 

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