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	<title>Kemitocentrisme</title>
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	<description>Réconcilier l’Afrique avec son histoire, pour éclairer son avenir.</description>
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	<title>Kemitocentrisme</title>
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		<title>De la nécessité de militer : le chemin tumultueux de la renaissance africaine. </title>
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		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 15:01:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.&#160;» Frantz Fanon &#8211; Les damnés de la terre. Malgré l’abolition de l’esclavage européo-chrétien au milieu du 19e siècle et au début du 20e siècle, l’obtention des droits civiques pour les personnes afro-descendantes aux États-Unis ainsi que les décolonisations des pays&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2026/02/06/de-la-necessite-de-militer-le-chemin-tumultueux-de-la-renaissance-africaine/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">De la nécessité de militer : le chemin tumultueux de la renaissance africaine. </span></a></p>
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<p>«&nbsp;Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.&nbsp;» Frantz Fanon &#8211; Les damnés de la terre.<br></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-781 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38-1024x683.png" srcset="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38-1024x683.png 1024w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38-300x200.png 300w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38-768x512.png 768w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38-930x620.png 930w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/02/ChatGPT-Image-6-fevr.-2026-15_52_38.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Malgré l’abolition de l’esclavage européo-chrétien au milieu du 19e siècle et au début du 20e siècle, l’obtention des droits civiques pour les personnes afro-descendantes aux <strong>États-Unis</strong> ainsi que les décolonisations des pays africains, les mélanodermes de type africain, où qu’ils soient, continuent de subir préjugés et discriminations. </p>



<p>En effet, <strong>d’Emmett Till </strong>à <strong>Rosa Parks</strong>, nous avons remarqué que quelques gestes anodins pouvaient valoir des sanctions graves, teintées d’une absurdité sans nom. L’un fut tué de la pire des manières pour avoir osé regarder une femme européenne ; l’autre, en faisant acte de résistance dans un bus, se vit arrêtée, placée en garde à vue et condamnée à verser une amende à cause des lois ségrégationnistes encore en vigueur en 1955. </p>



<p>Au 21ᵉ siècle aussi, des actes malencontreux continuent de se perpétrer contre les mélanodermes de type africain. Il est difficile de ne pas penser à l’affaire <strong>George Floyd </strong>en 2020 à Minneapolis ou à l’affaire <strong>Adama Traoré </strong>en 2016 dans le Val-d’Oise, tous deux morts lors d’une interpellation de police. Des bavures de ce type sont légion bien que les noms des victimes ne soient pas aussi connus. </p>



<p>Le traitement des <strong>Afro-Caribéens</strong> dans les Antilles (encore sous domination française) et le cas d’Haïti montrent à suffisance que la considération des mélanodermes de type africain est le cadet des soucis des organisations internationales, malgré la bannière des «<em> droits de l’homme</em> ». Cela persiste malgré la bonne volonté de ces populations et leur droit à l’autodétermination. La main tendue ne s’est soldée que par la domination pour les uns et des sanctions financières ridicules pour les autres. Comme le déclare si bien le rappeur franco-haïtien <strong>Kery James </strong>: « J’ouvre les bras au monde mais seule la peine m’étreint. » (<em>cf. chanson : Kery James – Le Poète noir</em>)</p>



<p>En Afrique subsaharienne, de nombreux cas d’ingérence politique, économique et sécuritaire montrent que l’influence européenne reste significative, limitant souvent la pleine souveraineté et le déploiement du potentiel de ces pays à divers niveaux.&nbsp;</p>



<p>Il ressort des éléments cités ci-dessus que la condition des mélanodermes de type africain ne s’améliorera pas tant que ces derniers continueront à espérer que le salut viendra de ceux qui ont le moins intérêt à les voir véritablement libres et autonomes.&nbsp;</p>



<p>Bien des prédécesseurs ont déjà pavé le chemin vers une option plus que viable pour peu que leur héritier soit en mesure de comprendre qu’ils sont une communauté de destin. Du projet « <em>Back to Africa</em> » au panafricanisme, puis finalement à l’État fédéral, les propositions d’union de <strong>Marcus Garvey</strong>, <strong>Kwame Nkrumah</strong>, <strong>W. E. B. Du Bois,</strong> <strong>Edward Blyden,</strong> <strong>Cheikh Anta Diop,</strong> <strong>Théophile Obenga</strong> et bien d’autres devraient être revisitées conjointement par les mélanodermes de type africain, quel que soit leur aire géographique, afin de concrétiser l’objectif initial hérité des anciens. </p>



<p>Aussi, le jeune mouvement kamite a tout à fait le droit de se réclamer de tous les mouvements d’émancipation antérieurs et, surtout, il a le devoir de participer à la réalisation du souhait issu des lamentations de nos devanciers.&nbsp;</p>



<p>Mais attention, nous devons garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas de faire du sectarisme. Il s’agit plutôt de consolider les fondations du berceau pour une humanité qui va se retrouver, en commençant par rassembler d’abord les fils et filles dispersés contre leur gré à travers le monde.</p>



<p>Nous devons garder en tête que la renaissance africaine sera, par ricochet, la renaissance du monde.&nbsp;</p>



<p>S’agissant des frères et sœurs encore sous l’emprise d’une idéologie religieuse étrangère, il conviendrait d’adopter une approche pédagogique pour les amener à comprendre que celui qui fantasme sur le paradis de ces bourreaux contribue à son propre enfer sur terre, et que la désillusion sera grande outre-tombe. Mais à cela, nous pouvons faire pleinement confiance aux mélanodermes de type africain qui, assurément, régurgiteront toutes ces idéologies nauséeuses qui les brident depuis fort longtemps.&nbsp;</p>



<p>Que ce cri plein d’enthousiasme poussé par le <strong>Sesh Coovi Rekhmiré</strong> serve de slogan de ralliement : « <em>Kamites de tous les continents, unissons-nous ! vivre libre ou mourir, nous vaincrons ! </em><strong><em>Hotep</em> </strong>! » </p>


<div class="wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"><img alt=''  srcset='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=96&#038;d=mm&#038;r=g 2x' class="avatar avatar-48 photo lws-optimize-lazyload" height='48' width='48' / data-src='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=48&#038;d=mm&#038;r=g'></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__byline"><strong>Ruguey  Bitoulou </strong><br><em>Écrivain, poète &amp; essayiste.</em><br></p><p class="wp-block-post-author__name">admin</p></div></div><p>The post <a href="https://kemitocentrisme.com/2026/02/06/de-la-necessite-de-militer-le-chemin-tumultueux-de-la-renaissance-africaine/">De la nécessité de militer : le chemin tumultueux de la renaissance africaine. </a> appeared first on <a href="https://kemitocentrisme.com">Kemitocentrisme</a>.</p>
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		<title>Lettre aux kamites</title>
		<link>https://kemitocentrisme.com/2026/01/23/lettre-aux-kamites/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 17:35:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous assistons, ces dernières années, à un moment important : celui de la prise de conscience de plusieurs mélanodermes de type africain, partout sur le globe.&#160; Il flotte dans l’air comme un résidu de conscience historique que certains nomment « l’éveil »… mais cet éveil implique bien des choses que beaucoup ignorent encore. À la&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2026/01/23/lettre-aux-kamites/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">Lettre aux kamites</span></a></p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="683"  alt="" class="wp-image-714 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39-1024x683.png" srcset="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39-1024x683.png 1024w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39-300x200.png 300w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39-768x512.png 768w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39-930x620.png 930w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/ChatGPT-Image-23-janv.-2026-23_18_39.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Nous assistons, ces dernières années, à un moment important : celui de la prise de conscience de plusieurs mélanodermes de type africain, partout sur le globe.&nbsp;</p>



<p>Il flotte dans l’air comme un résidu de conscience historique que certains nomment « <strong>l’éveil</strong> »… mais cet éveil implique bien des choses que beaucoup ignorent encore.</p>



<p>À la question de savoir « <strong>Qui sommes-nous ? Où en sommes-nous ? Et où allons-nous ?</strong> », bien de nos penseurs y ont déjà répondu. Je ne ferai que les rappeler, pour que celles et ceux qui prendront le train en marche puissent comprendre ce que cela implique et dans quelle direction nous allons.</p>



<p>Ayant connaissance de l’unité culturelle qui nous unit, nous nous sommes revendiqués <em>kamites</em>, créant ainsi une identité de synthèse transcontinentale dont le socle repose sur les humanités classiques égypto-nubiennes. Cette identité est le chemin qui conduit à la renaissance, <em>à notre renaissance</em>.  (<em>Cf. <strong>Qu’est-ce qu’être kamite ?</strong>, </em>Kalala Omotunde)</p>



<p>Le voile sur notre antériorité a été levé. Dès lors, aucun mélanoderme de type africain ne doit craindre de se désigner en tant que <em><strong>kamite</strong></em>, comme l’indique si bien Cheikh Anta Diop dans son ouvrage <em>Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique ?</em>  (p. 63, 1er paragraphe).<em> </em></p>



<p>Cependant, se dire <em><strong>kamite</strong></em> ne signifie pas être nostalgique du passé. Il s’agit plutôt de puiser dans le passé les éléments qui suscitent en nous la <em>volonté de puissance</em> pour faire face aux défis contemporains. C’est pourquoi tout mélanoderme de type africain devra s’armer de science jusqu’aux dents afin de tous les relever. (Cf. <em>Alerte sous les tropiques</em>, Cheikh Anta Diop)</p>



<p>La géopolitique du XXIᵉ siècle étant ce qu’elle est, elle dérivera vers un retour des impérialismes, laissant ainsi l’Afrique et sa population (diaspora comprise) à la merci des prédateurs d’autrefois et des nouveaux. C’est pourquoi il faudra bâtir un État fédéral d’Afrique noire afin d’assurer sa sécurité sur tous les plans de manière efficace et durable. Pour tout <strong>kamite</strong>, <strong>l’État fédéral constitue le but ultime</strong>. (Cf. <em>L’État fédéral d’Afrique noire : la seule issue</em>, T. Obenga)</p>



<p>Nb : Les trois livres cités ci-dessus sont à lire absolument pour quiconque veut comprendre la dynamique du mouvement <strong>kamite </strong>en long et en large.</p>


<div class="wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"><img alt=''  srcset='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=96&#038;d=mm&#038;r=g 2x' class="avatar avatar-48 photo lws-optimize-lazyload" height='48' width='48' / data-src='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=48&#038;d=mm&#038;r=g'></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__byline"><br>Ruguey Bitoulou.<br>Écrivain, poète &amp; essayiste. <br></p><p class="wp-block-post-author__name">admin</p></div></div><p>The post <a href="https://kemitocentrisme.com/2026/01/23/lettre-aux-kamites/">Lettre aux kamites</a> appeared first on <a href="https://kemitocentrisme.com">Kemitocentrisme</a>.</p>
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		<title>Introduction au grand Atlas des traditions orales africaines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 22:24:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Quand un vieillard meurt, c&#8217;est une bibliothèque qui brûle&#160;» Amadou Hampâté Bâ, discours à la conférence générale de l’Unesco,Paris,1960. Lorsqu’il s’agit de parler de l’histoire africaine, un détour important doit être fait sur la tradition orale. Celle-ci est la mémoire vive des peuples, elle sert de relais entre les générations en prenant racine depuis la&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2026/01/16/introduction-au-grand-atlas-des-traditions-orales-africaines/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">Introduction au grand Atlas des traditions orales africaines</span></a></p>
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<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Quand un vieillard meurt, c&rsquo;est une bibliothèque qui brûle&nbsp;»</p>



<p><em><strong>Amadou Hampâté Bâ,</strong></em></p>



<p><em>discours à la conférence générale de l’Unesco,Paris,1960.</em></p>
</blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="576"  alt="" class="wp-image-691 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Design-sans-titre-14-1024x576.png" srcset="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Design-sans-titre-14-1024x576.png 1024w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Design-sans-titre-14-300x169.png 300w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Design-sans-titre-14-768x432.png 768w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Design-sans-titre-14.png 1366w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Lorsqu’il s’agit de parler de l’histoire africaine, un détour important doit être fait sur la tradition orale. Celle-ci est la mémoire vive des peuples, elle sert de relais entre les générations en prenant racine depuis la plus haute chaîne de transmission.</p>



<p>Depuis le 20ᵉ siècle, cette dernière est classée parmi le patrimoine culturel immatériel mondial de <strong>l’UNESCO</strong>, chose qui n’aurait pas été  possible sans le concours de personnalités telles <strong>qu&rsquo;Amadou Hampâté Bâ, Boubou Hama, D.T. Niane, Diouldé Laya, Joseph Ki-Zerbo</strong> et bien d’autres. Leur acharnement pour que la tradition orale soit prise en compte comme source, qui pourrait compléter aisément diverses disciplines en vue d’une reconstitution de l’histoire africaine, est un legs précieux pour tous les  historiens et tous les chercheurs.</p>



<p>Le<strong> XXIᵉ</strong> siècle est le siècle des grands chamboulements. La révolution numérique déjà bien ancrée dans les sociétés modernes participe à mettre de la distance entre l’humain et son passé. Le grand nombre d’informations qui paraît à la seconde atrophie la capacité des individus à prendre du recul, comme l’indique le neurologue états-unien <strong>Richard Cytowic</strong> : « Notre biologie physique ne peut tout simplement pas suivre le rythme effarant auquel la technologie moderne, la culture et la société évoluent » (via Korii, cité sur<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-nv-dark-bg-color"> </mark><a href="http://radiofrance.fr/"><mark style="background-color:var(--nv-dark-bg)" class="has-inline-color has-neve-link-color-color">RadioFrance.</mark></a><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-nv-dark-bg-color"><a href="http://radiofrance.fr/">fr</a>, </mark>article “<em>Cerveau, concentration et smartphones”,</em> 16 avril 2025).</p>



<p>Face au flux constant d’informations, les esprits sont sans cesse portés vers l’information suivante, donnant l’impression que les informations passées sont sans importance, car déjà dépassées sous l’action du <em><strong>swipe</strong></em>.</p>



<p>Ce décalage entre hyperactivité numérique et capacité mémorielle de notre cerveau crée un amenuisement des capacités cérébrales. Ce phénomène soulève donc une question cruciale : Comment pérenniser sainement la tradition orale si les mémoires deviennent défaillantes ? S&rsquo;il est vrai que les anciens du siècle dernier ont une mémoire relativement bonne et fiable, il n’en demeure pas moins que leurs successeurs peuvent, au vu des éléments cités ci-dessus, être de mauvais dépositaires d’une telle science. Il est donc urgent de tirer la sonnette d’alarme concernant la tradition orale qui, à l’heure actuelle, est plus que jamais menacée de disparition définitive.</p>



<p>Depuis la demande <strong>d’Amadou Hampâté Bâ</strong> à <strong>l’UNESCO</strong> d’intégrer la tradition orale dans son programme de préservation du patrimoine, plusieurs éléments ont été fournis çà et là. L’un d’eux retient notre attention et son applicabilité nous permettra de protéger de façon efficace les traditions orales africaines. En effet, la méthode comparative proposée par J. Vansina dans le chapitre 7 de <em>L’Histoire générale de l&rsquo;Afrique, tome 1, </em>permettra d’évaluer les traditions orales au fil du temps afin de déterminer si ces dernières ont reçu des ajouts ou des césures. (Cf. pages 185-187, éditions <strong>UNESCO</strong>.)</p>



<p>Sur cette base, nous pouvons aisément nous engager dans un énorme projet de recueil de traditions orales à travers le continent. Ce projet visera à regrouper toutes les traditions orales encore trouvables dans un grand ouvrage établi sur plusieurs tomes. Ces tomes tiendront lieu d’<em>Atlas des traditions orales africaines. </em>Ils (les tomes) mettront <em>aussi </em>en avant des éléments comme les cosmogonies, les migrations et les relations entre les peuples. Ces éléments permettront aux lecteurs de découvrir l’unité culturelle africaine encore palpable sous les récits traditionnels oraux recueillis par les oreilles du 21ᵉ siècle.</p>


<div class="wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"><img alt=''  srcset='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=96&#038;d=mm&#038;r=g 2x' class="avatar avatar-48 photo lws-optimize-lazyload" height='48' width='48' / data-src='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=48&#038;d=mm&#038;r=g'></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__byline">Ruguey Bitoulou<br><em>Écrivain, poète &amp; essayiste</em></p><p class="wp-block-post-author__name">admin</p></div></div>


<p></p>
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		<title>LA RE.KA.LI.HO.N : RELIGION KAMITE DE LIBÉRATION DE L&#8217;HOMME NOIR</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jan 2026 15:51:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>QUE DEVRIEZ VOUS SAVOIR SUR LA REKALIHON ? LA REKALIHON est une religion Kamite d&#8217;obédience vitaliste ou  » animiste « qui oriente sa philosophie religieuse vers l&#8217;ancestralité.L&#8217;ancestralité selon la Rekalihon reste et demeure le socle de toute religion partout dans le monde, partant de l&#8217;Égypte antique traversant le christianisme, l&#8217;islam, le bouddhisme ,l&#8217;indouhisme et même le&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2026/01/15/la-re-ka-li-ho-n-religion-kamite-de-liberation-de-lhomme-noir/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">LA RE.KA.LI.HO.N : RELIGION KAMITE DE LIBÉRATION DE L&#8217;HOMME NOIR</span></a></p>
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<p>QUE DEVRIEZ VOUS SAVOIR SUR LA REKALIHON ?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img width="1024" height="1024"  alt="" class="wp-image-688 lws-optimize-lazyload"/ data-src="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion-1024x1024.jpeg" srcset="https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion-1024x1024.jpeg 1024w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion-300x300.jpeg 300w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion-150x150.jpeg 150w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion-768x768.jpeg 768w, https://kemitocentrisme.com/wp-content/uploads/2026/01/Logo-rekalion.jpeg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>LA REKALIHON est une religion Kamite d&rsquo;obédience vitaliste ou  » animiste « qui oriente sa philosophie religieuse vers l&rsquo;ancestralité.<br>L&rsquo;ancestralité selon la Rekalihon reste et demeure le socle de toute religion partout dans le monde, partant de l&rsquo;Égypte antique traversant le christianisme, l&rsquo;islam, le bouddhisme ,l&rsquo;indouhisme et même le vodou.<br>L&rsquo;attachement de cette religion à l&rsquo;ancestralite rentre dans le cadre du respect de l&rsquo;éthique et la perception profonde des traditions des peuples noirs.<br>Voulant rester fidèle à la pensée et à la pratique spirituelle de l&rsquo;homme noir cette religion met en avant une pratique principale qui est la LIBATION orientée vers les 4 axes fondamentaux qui sont la connexion avec les ancêtres, la connexion avec la terre mère Kemet , l&rsquo;eveil et l&rsquo;élévation énergétique de soi et le partage d&rsquo;énergie avec sa communauté.<br>La rekalihon est une religion qui met en avant la formation intellectuelle et spirituelle d&rsquo;une communauté de Kamite solide et compact qui partage les mêmes pensées et valeurs mais surtout les même pratiques spirituelles dans le but de sortir d&rsquo;un monde virtuelle et anarchique pour l&rsquo;homme noir Kamite.<br>La REKALIHON s&rsquo;oppose à la perception de l&rsquo;être suprême des religions imperialistes qui humanisent l&rsquo;être suprême en lui donnant des caractéristiques humaines allant jusqu&rsquo;à lui donner des défauts humains (orgueil, jalousie, colère etc) selon la REKALIHON l&rsquo;Etre suprême se représente comme étant l&rsquo;ensemble de toutes les énergies, forces et puissances qui régissent l&rsquo;existence.<br>Ainsi à la REKALIHON l&rsquo;être suprême n&rsquo;a aucunement besoin de nos prières car il se suffit à lui même et n&rsquo;a aucun besoin, contrairement à nos ancêtres dont nous sommes la continuité avec qui nous gardons un lien inextinguible.<br>Alors la solution qui correspond au mieux à la spiritualité de l&rsquo;homme noir reste et demeure l&rsquo;ancestralité qui est la connexion au suprême par les ancêtres.<br>Les différents socles de cette religion s&rsquo;appuie sur l&rsquo;amour ,le partage et l&rsquo;unité communautaire.<br>Contrairement à certaines religions impérialistes la REKALIHON n&rsquo;entend s&rsquo;imposer à personne elle reste une religion des peuples noirs pour les peuples noirs sans haine ni mépris pour les autres.<br>Sa stratégie d&rsquo;implantation s&rsquo;articule autour de l&rsquo;implantation méthodique des temples partout dans le monde afin de permettre à la culture des noirs de s&rsquo;exporter partout dans le monde pour éviter l&rsquo;acculturation et l&rsquo;aliénation.<br>L&rsquo;initiation est une étape très interressante dans son système d&rsquo;apprentissage, elle représente une rencontre physique et scolaire, elle reste l&rsquo;un de ses moments qui met en contact le rekalion nais et la tradition de son peuple , elle se fait chaque 6 mois de façon itinérante.<br>Notre religion ne nous vend pas un endroit imaginaire magique ou l&rsquo;homme ira après sa transition de terrestre à invisible, elle nous présente une existance ou l&rsquo;homme doit s&rsquo;intéresser au maximum à la vie physique et à travailler quotidiennement à l&rsquo;améliorer en s&rsquo;eveillant spirituellement de l&rsquo;interieur afin d&rsquo;être un model sur terre pour garantir une bonne fortune dans le monde invisible.<br>La lutte contre la pauvreté est l&rsquo;une des priorités pour la rekalhion car nous croyons fermement que c&rsquo;est l&rsquo;homme lui même qui invente les mécanismes pour entretenir la pauvreté alors que la pauvreté ne devrait pas être une norme dans la société d&rsquo;être éveillé.<br>La rekalhion exhorte donc tous les kamites du monde à proner l&rsquo;ordre la droiture et le courage afin de sauver l&rsquo;humanité de l&rsquo;agonie.</p>



<p>Parole sacrée du grand maître de la REKALIHON.</p>
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		<title>Vers des maisons d’édition universitaires étatiques en Afrique noire.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 12:37:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Enquête, opinion et faits. Le rôle essentiel que les universités devraient jouer dans la renaissance africaine. Dans un monde digitalisé où l’information est diffusée à grande vitesse, nous constatons tristement que l’Afrique peine à prendre le gouvernail de son propre narratif.&#160; En effet, la proportion de travaux menés et publiés est manifestement réduite. En science&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2025/09/30/vers-des-maisons-dedition-universitaires-etatiques-en-afrique-noire/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">Vers des maisons d’édition universitaires étatiques en Afrique noire.</span></a></p>
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<p><strong>Enquête, opinion et faits. Le rôle essentiel que les universités devraient jouer dans la renaissance africaine.</strong></p>



<p>Dans un monde digitalisé où l’information est diffusée à grande vitesse, nous constatons tristement que l’Afrique peine à prendre le gouvernail de son propre narratif.&nbsp; En effet, la proportion de travaux menés et publiés est manifestement réduite. En science humaine ou en science expérimentale, une part importante du continent stagne aux alentours de <strong>12 %</strong> dans les publications internationalement visibles, là où <strong>88 %</strong> des publications indexées sont produites &nbsp;par onze pays majoritairement arabophones &nbsp;ou anglophones (les pays du Maghreb, l’Egypte, le Nigéria, l’Afrique du sud, le Kenya, pour n’en citer qu’eux) comme le souligne le professeur associé de statistiques, Rabat Business School, M. Mhamed-Ali El-Aroui dans son article intitulé «&nbsp;Dynamiques et écosystèmes de la publication scientifique en Afrique&nbsp;», publié le 20 septembre 2024 sur le site <a href="https://www.globalafricasciences.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><mark style="background-color:var(--nv-c-1)" class="has-inline-color"><em>globalafricasciences.org</em>.</mark></a></p>



<p>Dans le même article, il ajoute pour le cas spécifique du Sénégal que&nbsp;: «&nbsp;Le Sénégal dispose d’un nombre de chercheurs par habitant relativement élevé mais manque encore de visibilité en terme d’impact scientifique.&nbsp;» Et c’est à ce niveau que ce situe tout le problème, que ce soit au Sénégal ou dans le reste de l’Afrique subsaharienne. Selon nos analyses, que le nombre d’articles, de revues et de documents de conférence soit relativement faible est une chose, mais elle est surtout due à la sous-production d’œuvres majeures dans bien des domaines.</p>



<p>Si nous pouvons affirmer que <strong>Cheikh Anta Diop</strong>, <strong>Théophile Obenga</strong> et bien d’autres en leur temps ont fourni bon nombre de travaux impactant pour la recherche africaine, nous devons aussi souligner que la recherche ne s’arrête pas avec eux, il faut que les nouvelles générations produisent aussi, selon les avancées scientifiques ou nouvelles découvertes, des thèses viables, rigoureuses et c’est là que nous entrons dans le sujet principal de notre article…</p>



<p>Tout d’abord, il faut évoquer la question de la sous-représentation dans la sphère médiatique ou numérique des intellectuels et savants subsahariens&nbsp;; l’espace qui leur est accordé sur le sol africain est bien trop négligeable&nbsp;: Pas d’émission dédiée, des journaux de vulgarisation ayant peu de part de marché, un manque de référencement dans les moteurs de recherche tels que Google. Or nous savons qu’aujourd’hui c’est principalement par ces canaux que l’on peut toucher un maximum d’individus.</p>



<p>Rares sont les chercheurs, les savants, les auteurs subsahariens qui ont un référencement complet sur internet ou ailleurs&nbsp;; des pages Wikipédia inexistantes, une présence à peine perceptible sur les réseaux sociaux etc. Nous concevons parfaitement qu’un chercheur ou une chercheuse est une personne qui est recluse dans son labo plutôt que sur les plateaux de télé ou autre, mais il est important de comprendre l’importance de l’identification et de la représentation chez la population et particulièrement chez les jeunes. Un travail de vulgarisation doit être fait et qui de mieux que le concerné pour le faire dans les règles de l’art&nbsp;?</p>



<p>X, c’est le nombre de livres en sciences humaines ou en sciences expérimentales qui ont été publiés en Afrique subsaharienne. En effet, en raison d’une absence de données statistiques des publications livresques sur le continent, nous ne pouvons pas avec exactitude indiquer le chiffre, mais nous savons que les publications sont assez fréquentes d’année en année. Ceux-ci passent malheureusement sous le radar pour les raisons que nous avons énumérées ci-haut.</p>



<p>De plus, s’agissant des publications livresques en science humaine ou en science expérimentale, nous avons identifié deux soucis majeurs. Le premier problème étant l’aspect financier de l’édition. Le monde de l’édition, pour les profanes, est régi par deux formes&nbsp;: l’édition à compte d’auteur et l’édition à compte d’éditeur. Les deux modes d’édition impactent significativement le nombre de parution de livres dans le monde. Les maisons d’édition à compte d’auteur sont des maisons d’édition qui ont la particularité de facturer à l’auteur la totalité ou la quasi-totalité des frais d’impressions, de mise en pages et tout autre élément nécessaire à la parution d’un livre&nbsp;; elles se positionnent comme des mercenaires du livre. En revanche, les maisons d’édition à compte d’éditeur dans leur modèle sont beaucoup plus avenantes car elles sont au service du livre et sont toujours en quête de la perle rare, d’où leur exigence éditoriale. Outre le fait que ces dernières prennent en charge les frais concernant le livre en misant sur l’œuvre, elles sont également de véritables gardiennes du savoir via leurs différentes collections et surtout dans la gestion du catalogue à leur disposition, donnant l’assurance que les œuvres seront perpétuées, sauf catastrophe majeure, pour des décennies, des siècles, voire des millénaires. Le deuxième problème est celui de la garantie de disponibilité des œuvres. Pour l’instant, seules les maisons d’édition à compte d’éditeur offre un service de conservation notable.</p>



<p>Ces deux problèmes ont expressément motivé l’écriture de l’article que nous vous proposons.</p>



<p>Il est regrettable de constater que d’éminents enseignants-chercheurs africains se plaignent de ne pas pouvoir publier d’ouvrages car ceux-ci ont trop souvent été aux prises avec des maisons d’éditions à compte d’auteur&nbsp;; devant les frais parfois exorbitants, ces derniers sont contraints d’annuler leur projet de publication, ce qui constitue pour nous lecteurs une perte énorme. Si des historiens, des linguistes, des ethnologues ou autres ne peuvent divulguer l’objet de leur trouvaille, nous comprenons alors pourquoi la reconstitution de l’histoire générale de l’Afrique de l’Antiquité à aujourd’hui semble encore obscure pour beaucoup malgré les travaux notables d’anciens en la matière. La science évoluant par erreur corrigée, il faudrait que les chercheurs subsahariens contemporains fassent efficacement leur part afin d’apporter leur lumière dans les zones d’ombre qui laissent bien des aspects historiques africaines en marge de l’histoire générale du monde.</p>



<p>C’est à ce titre que nous interpelant les universités africaines de revoir leur modèle dans la vulgarisation du savoir. En effet, après avoir étudié le fonctionnement des <em>presses universitaires en Afrique &nbsp;</em>nous pouvons affirmer que malgré le mérite qu’elles ont d’exister, elles devraient faire &nbsp;bien plus qu’exister, elles devraient être aux avants garde de la production du savoir, par exemple&nbsp;: en publiant les travaux universitaires, en publiant les travaux scientifiques des professeurs ayant écrits et proposés leur manuscrit aux services éditoriales de l’université, qui selon ses critères est la plus apte à jauger de la pertinence et qualité de l’œuvre soumise&nbsp;; en publiant également les thèses étudiants qu’elle jugera comme significative, intéressante ou ayant une bonne approche sur divers sujets. Cependant publier des livres pour la bibliothèque universitaire exclusivement n’est guère ce dont nous recommandons. Il faut que les universités subsahariennes <em>mutent</em> en de véritables maisons d’éditions à compte d’éditeur en nouant des partenariats avec les librairies nationales ainsi qu’en établissant une véritable coopération inter-universités sur le continent afin de permettre un véritable bon en avant dans la recherche. Aussi, elles devront assurer la distribution auprès de plateforme internationale comme <em>La Fnac</em>, <em>Amazon </em>et autres, afin de renforcer le référencement des auteurs sur les divers moteurs de recherches. Cela permettra aux lecteurs d’avoir accès à des œuvres issus de la recherche universitaire issu de la plume des sommités intellectuelles du continent Africain. D’autre part, ce modèle d’édition, s’il est adopté par les universités, permettrait aux savoirs d’érudits nationaux de ne pas se perdre car&nbsp;: aussi longtemps que l’état sera en place, l’université publique demeurera.</p>



<p>Avant de conclure, nous devons soulever un dernier point où les universités étatiques pourraient jouer un rôle central&nbsp;; il s’agit du rachat de droits &nbsp;pour les œuvres d’illustres figures emblématiques africaines ou afro-descendantes. Ces œuvres parfois indisponibles tendent à se perdre si des mesures ne sont pas prises pour les conserver.</p>



<p>Comment conclure sur un sujet aussi intéressant sans citer l’un des illustres ambassadeurs africains&nbsp; sur la question de l’éducation sur notre cher continent. C’est donc sur une phrase pleine de sagesse de Joseph Ki-Zerbo que l’on conclura&nbsp;: «&nbsp;La mémoire doit être un tremplin pour l’avenir. » Alors produisons et consolidons notre savoir en vue de la renaissance africaine.</p>


<div class="wp-block-post-author"><div class="wp-block-post-author__avatar"><img alt=''  srcset='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=96&#038;d=mm&#038;r=g 2x' class="avatar avatar-48 photo lws-optimize-lazyload" height='48' width='48' / data-src='https://secure.gravatar.com/avatar/2afa34abd9e359b87dbd4a4c9b5d6acf0b3bfbff12f403b1c1fde171a9ece28f?s=48&#038;d=mm&#038;r=g'></div><div class="wp-block-post-author__content"><p class="wp-block-post-author__byline"><strong>Ruguey Bitoulou</strong><br>Auteur, poète et essayiste.</p><p class="wp-block-post-author__name">admin</p></div></div>


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		<title>La charte de Kurukan Fuga</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 20:36:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis son apparition fortuite en 1998 lors d’une rencontre organisée notamment par le CELTHO 1, et l’organisation de la francophonie à Kankan entre traditionalistes et chercheurs africains jusqu’àsa consécration par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité en 2009 par les effortsdes autorités guinéennes et maliennes la charte de Kurukan Fuga a fait couler beaucoup d’encres.Ces&#8230;&#160;<a href="https://kemitocentrisme.com/2025/09/03/la-charte-de-kurukan-fuga/" rel="bookmark"><span class="screen-reader-text">La charte de Kurukan Fuga</span></a></p>
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<p>Depuis son apparition fortuite en 1998 lors d’une rencontre organisée notamment par le CELTHO <sup><strong>1</strong></sup>, et l’organisation de la francophonie à Kankan entre traditionalistes et chercheurs africains jusqu’à<br>sa consécration par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité en 2009 par les efforts<br>des autorités guinéennes et maliennes la charte de Kurukan Fuga a fait couler beaucoup d’encres.<br>Ces promoteurs proclament son antériorité aux textes européens notamment ceux qui consacrent les<br>droits de l’homme, c’est-à-dire les textes tels que déclaration française des droits de l’homme et du<br>citoyen de 1789 et placé au même titre que la Magna Carta car la Charte de Kurukan Fouga aurait<br>été proclamée 1236 par Soundjata Keita, fondateur de l’empire du Mali <sup><strong>2 </strong></sup>. Toutefois, face à de telles prétentions d’autres chercheurs ont formulé des critiques dont la plus virulente est celle relative à l’authenticité de la Charte. Pour J.-L. Amselle, il s’agit d’une reconstruction contemporaine inspirée par l’idéologie Afroncentriste <sup><strong>3</strong></sup> . Quant à F. Simonis, il présente la charte comme une manigance de la Famille Kouyaté de Niagassola ( famille de griots) en République de Guinée dont un membre Sirimakan Kouyaté, magistrat d’avoir coordonnée les griots guinéens qui se seraient retrouvés à la rencontre de Kankan en 1998. L’objet était selon Simonis d’assoir la légitimité des Kouyaté de Niangassola sur l’histoire du Mandingue en tant que descendants de Balla Fassaké Kouyaté, illustre griot de Soundjata <sup><strong>4</strong></sup>.</p>



<p>Le propos de Simonis est pertinent dans la mesure qu’il se fonde sur les travaux d’un traditionaliste malien, Youssouf Tata Cissé qui s’est farouchement opposé à la Charte de Kurukan Fuga comme texte fondamental du Mandé en proposant : le serment des chasseurs. Si le débat sur l’authenticité de la Charte comporte une certaine pertinence en raison des défis que représentent la tradition orale; surtout lorsque les versions d’une même histoire diffèrent substantiellement d’une région à une autre<sup><strong>5</strong></sup> . Toutefois, nous avons trouvé pertinent de nous interroger sur les prétentions des promoteurs de la Charte de Kurukan Fuga, en occurence celle qui postule à considérer que la Charte proclamerait les droits de l’homme.  <strong>Si, les prétentions des</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><sup><strong>1</strong></sup> Centre d’études linguistiques et historiques par tradition orale, une organisation intergouvernementale rattaché à l’Union africaine.</p>



<p><sup><strong>2</strong></sup> L’empire du Mali est le deuxième grand empire après l’empire du Ghana. Les auteurs situent son existence du XIIIe siècle au XVIIe siècle. L’Empire occupait une partie substantielle de l’Afrique de l’Ouest : Le Mali, la Guinée, Sénégal, Gambie, Mauritanie, Burkina-Faso, Gambie, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Niger. Des chercheurs comme ceux qui ont rédigé « L’histoire générale de l’Afrique » sous l’égide de Unesco ont se sont appesanti sur l’empire du Mali, nous y reviendrons ultérieurement.</p>



<p><sup><strong>3</strong></sup> https://www.fabula.org/actualites/82601/colloque-international-la-charte-de-kurukan-fugaenjeux-et-perspectives.html</p>



<p><sup><strong>4</strong></sup> F. Simonis, Le griot, l’historien, le chasseur et l’Unesco : Conte Mandingue aujourd’hui,</p>



<p><sup><strong>5</strong></sup> L’histoire du fondateur de l’empire du Mali, Soundjata et qui aurait proclamé ladite charte diffère<br>de Keyla, Hamana, et Dioma et des griots comme Wa Kamissoko et Mamadou Kouyaté. Le<br>premier interroger par Tata Cissé et le second par Tamsir Niane.</p>



<p>Promoteurs de la Charte de <strong>Kurukan Fuga </strong>semblent viser à répondre à ce constat de M’bow qui<br>souligne que longtemps, mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de<br>l’Afrique. Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire <strong><sup>6</sup>.</strong> Le noble objectif de prouver l’existence d’un ensemble de règles visant à garantir la dignité de l’homme en occurrence africain ne devrait pas amener à faire accepter un corpus dont la lettre consacre l’inverse. Les prétentions des promoteurs de<strong> Kurukan Fuga</strong> ne tiennent pas lorsque nous lisons les dispositions contenues dans la charte qu’ils nous ont présenté. C’est bien le contraire de l’idée des droits de l’homme qui est consacré à travers cette charte à savoir la négation des droits de l’homme. Le texte de Kankan s’oppose à la Charte du Mandé ( serment des chasseurs). Des deux textes, la Charte du Mandé est celui qui consacre des droits de l’Homme( II). Toutefois, la présentation de la philosophie des droits de l’homme est nécessaire pour expliquer la négation des droits de l’homme par la Charte de <strong>Kurukan Fuga </strong>(I).</p>



<h2 class="wp-block-heading">I- Les valeurs défendues par la philosophie des droits de l’Homme :</h2>



<p><strong>M. Supiot souligne que</strong> : Le vocabulaire du Droit et des droits qui n’a rien de spontanément<br>universel et qui exprime un système de croyances proprement occidentales<sup><strong>7</strong></sup>. Ainsi donc, il apparait que les droits de l’homme sont le produit de réflexions philosophiques dont les plus récentes sont le siècle des lumières. Cette philosophie se révèle à nous à la lecture des préambules textes de consécration des droits de l’homme. Le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dispose que « <em><strong>considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde</strong></em> » ou encore à l’article premier dudit texte : «<em><strong>tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits</strong></em>». Les valeurs consacrées par la philosophie des droits de l’homme sont donc celles-ci : <strong>liberté</strong>, <strong>dignité</strong>, <strong>justice</strong> et<strong> l’égalité</strong><sup><strong>8</strong></sup>. reconnut à toute personne humaine et lui sont inhérentes, c’est-à-dire sont<br>indissociables de sa personne. Les valeurs présentées sont celles prônées par l’ensemble des textes<sup data-fn="876be072-c652-4e30-bc90-261dd24805e5" class="fn"><a id="876be072-c652-4e30-bc90-261dd24805e5-link" href="#876be072-c652-4e30-bc90-261dd24805e5">1</a></sup></p>



<p><sup>6</sup> A.M. M’Bow, Histoire générale de l’Afrique, Éd. 1985, p. 10<br><sup>7</sup> A. Supiot, Homo juridique, Essai sur la fonction anthropologique du Droit, Éd. du Seuil, 2005, p.282<br><sup>8</sup> On pourrait citer des penseurs qui se sont intéressés à ces valeurs : Kant, Locke, Rousseau,<br>Voltaire… proclamant les Droits de l’Homme<sup> 9</sup> . Nous nous appesantirons sur ces valeurs afin de les expliciter <strong>(A)</strong>. Et, si la formulation actuelle des droits et des valeurs philosophiques qui les soutiennent sont le produit de la pensée occidentale qui est communément daté aux siècles des lumières. Toutefois, il serait présomptueux que ces valeurs soient l’apanage exclusif des sociétés occidentales. Ainsi, nous présenterons la nature du corpus juridiques africains à travers notamment l’empire du Mali, qui est une expérience juridique édifiante <strong>(B)</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">A- Le sens des valeurs prôné par la philosophie des droits de l’Homme</h2>



<p>La philosophie des droits de l’Homme proclame la souveraineté de l’individu face à l’État et face à<br>la société. Les valeurs proclamées en occurence la dignité, l’égalité, la liberté, la justice font l’objet<br>d’étude approfondies dont l’analyse risquerait d’allonger notre propos. Nous les survolerons donc.<br>Le concept de dignité renvoie à la reconnaissance de valeur intrinsèque de chaque être humain. Ce<br>principe interdit les traitements inhumains ou dégradants. Le respect de la dignité humaine est donc<br>un principe fondamental qui protège l’intégrité physique et moral de la personne humaine. Le<br>philosophe Kant souligne à ce propos que l’être humain doit être traité comme une fin, jamais<br>comme un moyen.<br>Le principe d’égalité exige que les êtres humains ont une valeur égale et doivent être traités sans<br>discrimination. L’égalité se décline par l’égalité de tous devant la loi et la non-discrimination :<br>genre, origine, religion.</p>



<p>La liberté renvoie à la capacité de choisir, d’agir et de penser sans contrainte arbitraire. La liberté se<br>décline par des droits fondamentaux comme la liberté d’expression, de conscience, de circulation.<br>Et quant à la justice, elle renvoie à la recherche de l’équité, du respects et de la réparation des torts.<br>Il s’agit de grande valeurs proclamées dont la mise en œuvre par les États européens dans leurs<br>relations internationales est restée marginale ou encore s’est limitée à des proclamations<br>symboliques<sup> <strong>10</strong></sup>.</p>



<p><sup><strong>9</strong></sup> Sans être exhaustif, nous pouvons citer les textes : la Déclaration des droits de l’Homme et des citoyens (1789); la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies de 1948; les Pactes internationaux des Droits de l’Homme des Nations-Unies ( 1966), la Convention européenne des droits de l’Homme (1950); la Convention américaine relative aux droits de l’Homme (1969) et la Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples (1981)<br><br><sup><strong>10</strong></sup> L’Esclavage transatlantique s’est perpétué pendant longtemps alors les premiers textes occidentaux avaient déjà été proclamés. Le colonialisme s’est perpétué en niant les droits des peuples notamment africains. Le code de l’indigénat pour ce qui est de la France est une illustration des limites dans la pratique des droits de l’Homme par les États qui les proclament.</p>



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<p>D’une certaine manière à être dépouiller de leur dignité, de leur liberté et dont l’accès à la justice<br>leur demeure hypothétique. La philosophie des droits de l’homme est antinomique à l’esclavage qui<br>est la négation ultime de toute idée de droits de l’Homme.<br>Ces valeurs ne sauraient être un apanage exclusif des sociétés européennes. Si, le relativisme<br>culturel permet de voir des conceptions différentes de la mise en œuvre de ces valeurs, on ne saurait<br>soutenir que ces valeurs seraient inexistantes dans les sociétés extra-européennes, surtout les<br>sociétés africaines.<br>Ainsi, c’est avec une grande pertinence que M. Supiot invite à reconsidérer la posture qui consiste à<br>faire des droits de l’Homme un messianisme et à se départir d’une interprétation fondamentaliste<br>des droits de l’Homme. Il souligne que : « le messianisme consiste à traiter les droits de l’Homme<br>comme un nouveau Décalogue, un Texte révélé par les sociétés « développées » aux sociétés « en<br>voie de développement », et à ne laisser à ces dernières d’autre choix que de « combler leur retard »<br>et de se convertir à la modernité des droits de l’homme et de l’Économie de marché réunis <strong><sup>11</sup></strong>. Il souligne également que « toute interprétation fondamentaliste des droits de l’Homme place en effet<br>les « pays du Sud » devant l’alternative suivante: soit se transformer en renonçant à se<br>transformer »<sup><strong>12</strong></sup>. Ainsi, les sociétés africaines devraient trouver dans leur corpus et mécanismes<br>internes des ressources théoriques permettant la défense des droits. Il ressort en effet, que le droit<br>n’est pas une donnée inconnue des peuples africains. Sans forcément se référer au modèle<br>occidental on peut trouver les ressources théoriques notamment juridiques en Afrique. L’empire du<br>Mali est une expérience juridique édifiante qui permet de voir l’idée du droit et des droits de<br>l’Homme dans le contexte africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">B- L’empire du Mali, un expérience africaine du droit édifiante</h2>



<p>L’adage antique latin stipule que « ubi sociétés, ibi ius » signifiant « où il y a société, il y a droit ».<br>Si, l’absence de corpus écrit avait conduit à considérer les sociétés d’Afrique subsaharienne comme<br>des sociétés sans histoire, donc sans droit. Toutefois, l’adage latin permettait de déconstruire le<br>postulat de la mission civilisatrice et permettrait l’acceptation de l’idée du droit africain. Donc les<br>sociétés africaines n’auraient jamais dû être considérées comme des sociétés a-juridique. Le<br>professeur Kamto relève justement qu’après de longs débats académiques souvent menés sur un<br>arrière-plan idéologique, après de longues hésitations, la communauté scientifique admet<br>aujourd’hui que l’absence d’écriture n’est pas synonyme d’absence d’histoire ou de civilisation.</p>



<p><strong><sup>11</sup> A. Supiot, Homo juridique, Essais sur la fonction anthropologique du Droit, Éd. du Seuil,2005,p.286<br><sup>12</sup> Ibid., p. 300</strong></p>



<p>Aussi, sommes-nous amenés à dire, sur la foi des documents historiques que si l’Afrique a connu<br>une ou des civilisations, si elle a connu une histoire que les témoignages ont permis peu ou prou de<br>reconstituer, elle a eu également des systèmes juridiques et des sociétés dans lesquelles le Pouvoir était organisé et régi par des normes juridiques <sup><strong>13</strong></sup>.</p>



<p>Le professeur Kamto prouve avec pertinence l’existence du Droit en Afrique depuis les périodes pré coloniales. Ces analyses d’ailleurs<br>s’appuient à plusieurs endroits sur les travaux de Cheikh Anta Diop dont il cite d’ailleurs des<br>passages. Les structures politiques, juridiques et économiques de l’Afrique précoloniale sont<br>décrites avec précisions dans une œuvre majeure du professeur Diop, à savoir : l’Afrique noire précoloniale <sup><strong>14</strong></sup>.</p>



<p>Toutefois, il est pertinent de revenir un peu au professeur Kamto pour indiquer une<br>particularité du droit africain. Ce dernier souligne que dans les société africaines traditionnelles, on<br>n’entend pas par Droit des règles juridiques consignées dans des documents écrits, assorties de<br>sanctions exécutives par la puissance publique. Le Droit y apparaît comme un système de normes<br>“posées “ou constatées“ dont l’application ne se fait pas nécessairement au moyen de la contrainte organisée <sup><strong>15</strong></sup>. La tradition orale est le corpus du droit africain. C’est dans ce corpus que les règles<br>constitutionnelles des empires et royaumes africains sont consacrées.<br>Si, nous pouvons prouver aisément l’existence du droit notamment constitutionnel en consultant les<br>sources traditionnelles qu’en est-il de la notion de Droit de l’Homme ?<br>Nous avons montré plus haut le socle philosophique des Droits de l’Homme à savoir : la Dignité,<br>l’égalité, la liberté, la justice. Le recours aux sources traditionnelles permet d’exhumer dans la<br>tradition juridique africaine des valeurs similaires. C’est dans ce cadre là que nous confronterons la<br>Charte de Kurukan fuga à la Charte du Mandé (serment des chasseurs) qui lui consacre sans<br>ambiguïté les principes philosophiques des droits de l’Homme (II).</p>



<h2 class="wp-block-heading">II- Kurukan Fuga ou Serment des chasseurs : quel texte garantissant les Droits de l’Homme ?</h2>



<p>Le socle philosophique des droits de l’Homme est la reconnaissance de droits inhérents à la<br>personne humaine quelque soit l’endroit où elle se trouve. Ainsi, les valeurs consacrées par les<br>textes institutionnels des droits de l’Homme sont celles-ci : la dignité; l’égalité, la liberté, et la<br>justice. Ces valeurs sont considérées comme inscrites dans l’humain et aucune autorité ne peut lui<br>dénier ces valeurs. Toutefois, quand on recherche ces valeurs dans le droit traditionnel africain.</p>



<p><strong><sup>13</sup> M. Kamto, Pouvoir et Droit en Afrique noire, Essai sur les fondements du constitutionnalisme<br>dans les États d’Afrique noire francophone, thèse 1987, p. 44<br><sup>14</sup> C.A. Diop, L’Afrique noire précoloniale, Éd. Présence Africaine, 1987<br><sup>15</sup> M. Kamto, op. cit., p. 40</strong></p>



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<p>Notamment lorsque l’on se réfère au corpus juridiques du mandingue, nous sommes embarrassé par<br>un corpus juridique précisément celui de Kurukan Fuga qui est une négation de l’idée des droits de<br>l’Homme notamment par la consécration de l’esclavage entrainant une ambiguïté quant à la<br>consécration des droits de l’Homme <strong>( A)</strong>. Tandis que la serment des chasseurs quant à lui peut servir<br>de matériau de consécration des droits de l’Homme dans le cadre africain<strong> ( B)</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">A- Kurukan fuga ou l’ambiguïté dans la protection des droits de l’Homme</h2>



<p>La Charte de Kurukan Fuga s’inscrit dans la geste du Mali. L’évocation de cette geste relève du<br>discours des griots, dépositaire de la mémoire du mandé. Les grandes sources écrites de cette<br>histoires sont les œuvres de Djibril Tamsir Niane ( Soundjata ou l’épopée mandingue, 1960) et<br>Youssouf Tata Cissé avec Wa Kamissoko ( La grande geste du Mali, 2000). Chacune de ces œuvres sont le produit d’entretien avec les griots<sup> <strong>16</strong></sup>. Kurukan fuga comme son nom l’indiquerait dans la<br>langue malinké est une clairière sur laquelle sera convoqué les rois mandingue en 1236 par<br>Soundjata, le fondateur de l’empire du Mali suite à sa victoire éclatante à Kirina une année plutôt<br>( en 1235) sur l’empereur du Sosso, Soumaworo Kanté. Dans son œuvre le professeur Tamsir Niane<br>intitule cette partie Kurukan fuga ou le partage du monde indiquant la dimension fondamentale du<br>Kurukan fuga. Dans le même livre dédié à Soundjata, il évoquera quelques dispositions de la charte,<br>sans toutefois être exhaustif. Il faudra donc attendre 1998 à Kankan pour que cette charte soit<br>consignée par écrit. Le document comporte quarante-quatre articles ( 44). Les articles traitent de<br>sujets généraux. M. Ndiogou relève qu’aucun domaine de la vie ne fut occulté : l’organisation<br>sociale, les droits et devoirs de la personne, l’exercice du pouvoir, les droits patrimoniaux et<br>extrapatrimoniaux, la place des femmes dans la société, la famille, la culture de la tolérance, la<br>gestion des étrangers, la préservation de la nature, la conservation et la transmission de l’histoire, la<br>gestion des conflits <sup><strong>17</strong></sup>. L’article 5 de la Charte de Kurukan Fuga écrite à Kankan dispose que :<br>chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. En conséquence, tout acte<br>attentatoire à la vie d’autrui est puni de mort.</p>



<p><sup><strong>16</strong></sup> Djibril Tamsir Niane transcrit ou écrit la version du Griot ( Djély) Mamadou Kouyaté de<br>Djelibakoro dans circonscription de Siguiri en Guinée. Quant à Youssouf Tata Cissé transcrit ou<br>écrit la version du griot Wa Kamissoko, originaire de Kirina au Mali. Les deux versions diffèrent à<br>bien des endroits. Toutefois, l’analyse de ces deux versions nous éloignera de notre propos.<br><sup><strong>17</strong> </sup>T.A. Diougou, Regards croisés entre la Charte de Kurukan Fuga et la Déclaration Universelle<br>des Droits de l’Homme, in Les sciences sociales au Sénégal, p. 48, article disponible en ligne<br>https://www.publication.codesria.org/index.php/pub/catalog/download/38/135/312?inline=1</p>



<p>Cet article est très intéressant, car il consacre le droit à la vie et l’interdiction des traitements<br>inhumains et dégradants. Certaines des dispositions notamment portant sur l’environnement tendent<br>même à présenter la charte comme une texte avant-gardiste. Toutefois, la philosophie des droits de<br>l’Homme s’écroule lorsque nous lisons l’article 20 qui dispose que : « ne maltraitez pas les<br>esclaves, accordez-leur un jour de repos par semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des<br>heures raisonnables. On est maître de l’esclave mais pas du sac qu’il porte ».<br>Il est difficile de parler de droit de l’Homme, lorsque l’esclavage est consacré. Dans un autre<br>document, notamment à l’article 1er, l’esclavage est inscrit dans les structure sociales du Mandé <sup><strong>18</strong></sup></p>



<p>La vocation de la Charte de Kurukan fuga a garantir les droits de l’Homme ne tient pas. Cette<br>vocation ne tient pas non pas en raison d’une conception contemporaine des droits de l’Homme qui<br>consacrerait la souveraineté de l’individu parce que l’esclavage était une pratique combattue avant<br><strong>Kurukan Fuga</strong>. La geste du Mali présente <strong>Soundjata </strong>comme un farouche opposant à l’esclavage.<br>Tata Cissé sous le contrôle de <strong>Wa Kamissoko </strong>écrit que lors de la cérémonie d’intronisation de<br>Soundjata, il proclama l’abolition de l’esclave. Tata Cissé poursuit en écrivant que ce que proposa<br><strong>Soundjata </strong>aux <strong>Malinké </strong>était clair et simple : liberté pour tous, union et solidarité dans le respect de<br>l’autre; grandeur du <strong>Manden</strong>; travail, action et probité<sup><strong>19</strong></sup>.</p>



<p>La charte contraste substantiellement avec la pensée de Soundjata qui nous est donnée de connaitre<br>par la tradition. Ainsi, la Charte de Kurukan fuga qui est apparue à Kankan est un texte ambigüe<br>dont la vocation à garantir les droits de l’Homme est contredite par les dispositions même du texte.<br>Poser cette charte comme le premier texte protecteur des droits de l’Homme est présomptueux. On<br>pourrait même poser le propos plus loin, en empruntant les discours de ceux qui ont prétendu que le<br>code noir aurait eu pour vocation d’encadrer l’esclavage des abus des maîtres. J.-F. Niort<br>ambitionnant de « déconstruire » les « idées reçues » sur le code écrit que ces règles furent<br>cependant jugées trop contraignantes par de nombreux maîtres, ne voyant pas forcément d’un bon<br>œil toutes ces dispositions « humanisantes » qui faisaient des esclaves baptisés leurs égaux et frères spirituels.<sup>20</sup></p>



<p>Ainsi, pour cet auteur le texte aurait été perçue comme humaniste en dépit de la<br>consécration des esclaves comme des biens meubles et le large éventail de droits de punitions<br><em><sup>18</sup>L’article 1er de la Charte présentée à l’Unesco dispose que la Société du grand Mandé est<br>divisé en seize porteurs de carquois, cinq classes de marabouts, quatre classes de Nyamakalas,<br>une classe de serfs ( esclaves-Mäfé mölu-). Chacun de ces groupes a une activité et un rôle<br>spécifiques.</em><br><em><sup>19</sup> Y.T. Cissé, W. Kamissoko, Soundjata, la gloire du Mali, Éd. L’Harmattan, 2007, p. 28<br>J.-F. Niort, Le code Noir, Idées reçues sur un texte symbolique, Éd. Le Cavalier Bleu, 2015, p.33 reconnus aux maîtres. Les prétentions des promoteurs de la Charte de Kankan ( Kurukan Fuga) sont<br>assimilables aux propos précédents dans leur volonté à présenter un texte qui consacre l’esclavage<br>comme un texte protecteur des droits de l’Homme</em>.</p>



<p>L’esclavage aurait-elle était une pratique endogène africaine avant tout influence étrangère, c’est-à<br>dire arabe ( islamique) ou occidentale ? Les travaux du professeur Diop n’accrédite pas cette thèse.<br>L’esclavage arabo-musluman entamé depuis le traité de Baqt de 652 a grandement boulversé les<br>sociétés africaines. Les razzia entamée depuis le Maroc dont l’historiographie démontre la présence<br>dans l’empire du Ghana, c’est-à-dire depuis le VIIIe siècle constitue un matériau intéressant pour<br>comprendre le bouleversement des sociétés subsaharienne notamment celles du Manden.<br>Islamisation et mise en esclavage ont été à plusieurs endroits synonymes. Des passages dans<br>l’œuvre de Tata Cissé et Wa Kamissoko présentent l’islamisation du Mandé comme une<br>conséquence de la victoire du Soundjata sur Soumaohoro Kanté.<br>Si, il est évident que la charte de Kurukan Fuga consacrée à Kankan ne saurait être un texte de droit<br>de l’Homme. Toutefois, n’existerait-il pas un autre corpus référentiel ? La réponse à cette question<br>est donnée par la Charte du Mandé ou encore dénommée « le Serment des chasseurs ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">B- La Charte du Mandé ou le serment des chasseurs : une consécration incontestable des<br>droits de l’Homme</h2>



<p>Lorsque l’on se lance à la recherche de la Charte de Kurukan Fuga, on se trouve dans une<br>confusion. Le texte consacré par l’Unesco est intitulé « La charte de Kurukan Fuga » ou la « Charte<br>du Mandé » comme s’il s’agissait d’un seul et même texte. Pourtant, le texte de Kankan ne fait pas<br>l’unanimité parmi les chercheurs. Le scepticisme à l’égard de la Charte est exprimé éloquemment<br>par M. Diakité qui l’exprime par cette interrogation : « et, si la Charte de Kurukan Fuga n’avait<br>jamais existé avant 1998 ?»<sup>21</sup>. La Charte de Kurukan est une charte qui porte le nom de ce lieu<br>historique du Mandé. Toutefois, les affrontements entre Tata Cissé et Tamsir Niane quant à son<br>authenticité devrait amener à réfléchir. Car, le premier en plus d’être un éminent chercheur<br>( ethnologue) sur la culture mandingue est aussi membre initié de la société secrète des « Donso »,<br>la société mythique à laquelle aurait appartenu Soundjata. Cissé présentera au grand public « la</p>



<p><strong><em><sup>21</sup>M. Diakité, Analyse du discours, tradition orale et histoire : Et si la Charte de Kurukan Fuga<br>n’avait jamais existe avant 1998?, in Revue électronique internationale de sciences du langage<br>SudLangues, n°11-2009</em>,</strong></p>



<p>Charte du Mandé » ou encore le « Serment des Chasseurs ; Donsolu kalikan »<sup>22</sup> . Il soutient que<br>cette charte daterait de 1222, donc antérieure à 1236.<br>M. Diakité souligne à ce propos que la Charte du mandé a été conçu, conservé et transmis de<br>génération en génération à l’intérieur d’une société initiatique. Son recueil, sa transcription, sa<br>traduction tout comme sa publication se sont également effectués en collaboration avec cette<br>institution, Cissé étant chasseur initié. Cette transmission institutionnelle assure la traçabilité et la<br>stabilité du texte, et donc sa crédibilité et sa légitimité <sup>23 </sup>.</p>



<p>Le contenu de la charte du Mandé ou encore le serment des chasseurs s’accorde avec le socle<br>philosophique des droits de l’Homme à savoir : la dignité, l’égalité, la liberté, et la justice.<br>Comportant sept articles bien, la Charte du Mandé ou serment des chasseurs aborde<br>substantiellement les droits de l’Homme. L’article 1 dispose que « toute vie (humaine) est une<br>vie(…) une vie n’est pas plus « ancienne », plus respectable qu’une autre vie, de même qu’une vie<br>n’est pas supérieure à une autre autre vie. De même qu’une n’est pas supérieure à une autre vie ».<br>Le principe de l’égalité des droits de l’Homme apparait de manière substantielle. L’article 2 dispose<br>que « toute vie étant une vie, tout tort causé à une vie exige réparation. Par conséquent, que nul ne<br>s’en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise<br>son semblable ». Cet article consacre les principe de justice, de dignité,</p>



<p>L’article 5 porte sur le droit à alimentation qui relève de la justice sociale. Adressé aux chasseurs,<br>ces derniers font le serment de lutter contre la faim et l’esclavage. L’article 6 proclame la fin de<br>l’esclavage et des razzia au Mandé. L’article 7 consacre substantiellement le principe de liberté :<br>« …chacun dispose désormais de sa personne, chacun est libre de ses actes, chacun dispose<br>désormais des fruits de son travail.<br>L’écart entre la charte de Kurukan Fuga est considérable notamment sur la question de l’esclavage.<br>La condamnation de l’esclavage est sans ambiguïté dans la Charte du Mandé. La contemporanéité<br>de la Charte du Mandé est indiscutable. On n’y trouve abordé des problématiques de notre temps.<br>Toutefois, M. Diakité dans son analyse comparative des deux chartes écrit : que la Charte du<br>Mandé est reproduit dans la Charte de Kurukan Fuga <sup>24</sup>. Ce propos se vérifié aisément lorsque nous<br>confrontons les deux textes.<br><sup>22</sup><strong>Y. T. Cissé, Soundjat, la Gloire du Mali, Éd. Karthala, 1991<br><sup>23</sup>M. Diakité, op. cit., p. 116<br><sup>24</sup>M. Diakité, op. cit., p. 126</strong></p>



<p><strong>Conclusion :</strong><br>Si, la formulation actuelle des droits de l’Homme est le produit des philosophies occidentales.<br>Toutefois, l’idée des droits de l’Homme ne saurait l’apanage exclusif de ces sociétés occidentales.<br>L’analyse de l’histoire des sociétés africaines permet d’exhumer des socles philosophiques,<br>juridiques similaires. Toutefois, ce projet est mise à mal par le texte de <strong>Kurukan Fuga</strong>.<br>La lecture de la Charte de <strong>Kurukan fuga </strong>ne permet pas d’accréditer les prétentions des promoteurs<br>de la Charte selon laquelle elle garantirait les droits de l’Homme. L’esclavage annihile toute idée et<br>philosophie des droits de l’Homme. Les revendications d’une antériorité africaine en matière de<br>droits de l’Homme qui se fonderait sur ce texte seraient une « aberration ». Si, <strong>Kurukan fuga</strong> ( le<br>texte de Kankan) est aujourd’hui promu avec une puissance déconcertante, tout africain soucieux de<br>connaitre l’histoire juridique de l’Afrique pré coloniale a l’obligation de lire ce texte avant de<br>reprendre le discours qui l’accompagne. Le hiatus entre ce qui est dit et ce qui est écrit est immense.<br>Le doute apparaitra naturellement après cette lecture. Ainsi, la curiosité quant à l’élaboration de cette texte devrait le tirailler.<br>La Charte du Mandé est celle qui protège sans ambiguïté les droits de l’Homme.</p>


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