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L’épistémologie Kemitocentrée

Il s’agit de mettre en exergue les différents modes d’acquisition du savoir, de déterminer qu’est ce qu’une connaissance, qu’est ce qu’une croyance. Nous voulons ouvrir une voie vers l’émancipation intellectuelle, un moyen de questionner certaines vérités jusqu’ici considérées comme vraies et absolues. Quelle est la valeur des vérités religieuses en générale ? Quelle est l’utilité de la religion dans les sociétés africaines contemporaines ? La connaissance scientifique n’est-elle pas la voix royale pour accéder à la vérité ? Pour une renaissance africaine, la science n’est-elle pas l’outil indispensable ?

Nous sommes obligés d’aborder les thèmes sur la philosophie dans ces acceptions générales, sur la sciences positives c’est-à-dire cette activité qui se porte sur la matière, le saisissable, le phénoménal, le palpable (par palpable nous entendons ce qui n’échappe pas aux cinq sens.). Le sens que nous donnons au terme science est celui du positivisme. Science en effet signifie connaissance. Mais toute connaissance est-elle scientifique dans la compréhension rigoureuse du terme ? D’origine latine, science vient de scire qui signifie connaître. Le mot vient de « scientia » et renvoie à toute connaissance acquise par l’étude, l’apprentissage et la pratique. Le mot est peut-être récent mais la notion ne l’est pas. On appelle science l’ensemble des connaissances, ces connaissances doivent être acquises par un processus à la fois cohérents et expérimental de certains types de faits, ces faits doivent concorder avec les lois qui peuvent être vérifiées par l’expérimentation. En somme, est science la connaissance qu’on acquiert par une étude des phénomènes et par l’expérimentation de ceux-ci. C’est une catégorie de connaissance, cette catégorie de connaissance n’est possible que par la pratique, l’exercice, l’expérience sensible. C’est justement pour cette raison que la science se distingue de la philosophie, de la religion et de la spiritualité.

Science et spiritualité

La spiritualité comme la racine indique est le caractère de ce qui est spirituel, ce qui est spirituel est relatif à l’esprit. Par définition, l’esprit c’est un principe immatériel et incorporel. Quelque chose d’indépendant de la matière, d’insaisissable par nos sens est empiriquement inaccessible. L’esprit est considéré comme ce qui se distingue du corps, de la chaire et de tout ce qui est perceptible par l’homme. Le mot esprit est le plus souvent utilisé pour faire référence au cerveau dans certains contextes, ceci pour exprimer une activité de la pensée. Quoi qu’il en soit, l’esprit n’est pas la matière. Ce qui en dérive ne peut donc pas faire l’objet de science expérimentale. Nous estimons que la spiritualité tente d’expliquer ce qui échappe à nos sens.

Science et philosophie

Ici, il s’agira de définir la philosophie de manière générique à savoir la tentative de répondre aux questions de l’existence par le moyen du raisonnement. En tant que discipline elle consiste à s’interroger sur la nature des choses de l’existence et les choses qui échappent aux choses de l’existence. La philosophie est une discipline intellectuelle dont la démarche est rationnelle et spéculative et non expérimentale. La philosophie se sert du raisonnement discursive et non experimental, la philosophie ne résout pas ses questions de la même façon que la science. Tout peut être matière à philosopher mais tout n’est pas matière scientifique. Rappelons qu’il s’agit de la science d’expérimentation, la science positive celle qui nécessite un contacte avec le phénomène et non avec l’au delà du phénomène. Ainsi on comprend que la métaphysique est une branche de la philosophie qui étudie ce qui dépasse les choses matérielles et qui ne requiert pas une méthode expérimentale pour traiter des questions abstraites( sinon on serait en science positive). La philosophie dans son approche générale n’est pas expérimentale, elle peut se servir, soit des résultats scientifiques soit procédés spéculatifs pour soutenir une position donnée.

I- KEMITISME, KAMITUDE ET KEMITOCENTRISME

Il s’agit ici de présenter sommairement les idées contenues dans les concepts du Kemitisme, de la kemitude et du Kemitocentrisme. Il faut identifier les idéologies qui prônent une véritable renaissance africaine. Des tentatives d’établissement d’un système qui permettrait aux africains et afro descendants de regagner une confiance en soi sont mis en place. Il est salutaire de remarquer cet éveil généralisé grâce à une jeunesse africaine qui s’identifie à cette lutte pour la culture africaine.

1. Le Kemitisme ou Kamitisme

Selon Lalanguefrancaise.com

Le kémitisme tel que défini par le dictionnaire français est: Religion consistant en un ensemble de croyances et de pratiques inspirées librement par la religion de l’Égypte antique. Selon wikipédia, le kémitisme, mot de création récente, désigne des groupes ou mouvements cherchant à restaurer les religions polythéistes ou monothéistes (c’est le cas du culte d’Aton) des anciens égyptiens. — Michel Briganti, André Déchot lalanguefrancaise.com

Selon Wiktionary

Comme sources supplémentaires sur ce qu’est le kémitisme, il ya le Wikidictionnaire qui donne une définition presque similaire. Le dictionnaire Wikitionnairedéfinit le kémitisme comme << Ensemble de croyances et de pratiques qui s’inspirent librement de la religion de l’Egypte antique. >> Cf. Wikidictionnairedisponible sous sous licence CC BY-SA 3.0. Wikitionary

Selon Wikipédia

Le kémitisme ou khémitisme (ou netjerisme en France) est un ensemble de croyances et de pratiques s’inspirant de la religion de l’Égypte antique, apparu aux dans les années 1970[. Les kémites vénèrent les divinités égyptiennes, pratiquent le (la magie égyptienne) et suivent les lois de (l’ordre cosmique). Wikipédia. La dernière modification de cette page a été faite le 27 août 2025 à 06:48. 

Le kémitisme est d’origine américaine. Devrait-on y ajouter quelque chose ? il est claire que le concept de Kémitisme n’est pas africain, il n’implique que la réalité religieuse. Il nait en 1970, en tant que religion. À parcourir les écrits sur le Kémitisme, on ne peut s’empêcher de comprendre le caractère très affirmé de la religion dans cette pratique. <<…Les kémites sont le plus souvent isolés ou se retrouvent via internet, sur des forums et des sites, afin de partager leur foi avec d’autres croyants. Ils peuvent ainsi rompre leur isolement, comme sur le forum de la Libre Assemblée Francophone[5] ou de Ta Noutri[>>6]

Selon SEPAFAR

Le terme kemitisme même repris dans le cadre du retour aux sources africaines nous semble encore manquer les éléments essentiels pour la renaissance africaine. SelonSEPAFAR( Service Pastoral Pour la Formation et l’Accompagnement des Responsables), <<Le kémitisme est un courant de pensée propre à l’Afrique, spécifiquement à l’Afrique noire. Le concept, de plus en plus connu du grand public, est surtout développé dans les cercles africanistes et panafricanistes ; ce courant est systématisé dans les milieux intellectuels tels que les universités et dans le cercle des adeptes des croyances traditionalistes. Les réseaux sociaux contribuent aujourd’hui à véhiculer et à amplifier ce courant. Le kémitisme porte en lui-même un combat noble qui est celui de la libération de l’Homme noir et de la volonté d’une réappropriation des valeurs que les ancêtres ont léguées comme la solidarité, la justice, le respect, l’hospitalité, la bravoure, l’ardeur au travail… >> Abbé Justin ZANGRE 18 Juillet 2023.

On est sensé comprendre que le kémitisme même défini dans la sphère africaine comme un mouvement qui : « porte en lui-même un combat noble qui celui de la libération de l’Homme et de la volonté d’une réappropriation des valeurs que les ancêtres ont léguées comme la solidarité, la justice, le respect, l’hospitalité, la bravoure, l’ardeur au travail… ». Ce qui est important pour la prise de conscience sur un certain nombre d’aspects. Cependant, il ne rend pas compte de la renaissance africaine telle que nous l’entendons.

On se rend compte que la religion et la spiritualité restent les piliers du kemitisme même chez les auteurs africains. selon le cite SEPAFAR : <<Nous prenons appui sur les points de vue de certains auteurs africains sur le kémitisme. D’abord, les kémites vénèrent les divinités égyptiennes. Ils pratiquent la heka qui est la magie égyptienne. Robert K. Ritner, traitant de la religion dans l’Egypte ancienne, écrit, au sujet de la magie, ce qui suit : « Toute tentative pour comprendre le rôle et la fonction de la « magie » dans la religion égyptienne doit passer par l’examen de l’origine de Heka et de sa situation comme force au sein des cycles mythologiques relatifs à la création. Ils suivent également les lois de Maât ou l’ordre cosmique »>>. On se rend compte que la dimension religieuse est prédominante dans le kémitisme qu’il soit celui de 1970 de Tamara Suida, ou celui développé dans le cadre des pro panafricanisme.

Il existe une forme de kamitisme qui selon Cheikh Anta Diop a été inventé par seligman. Ce kamitisme (khamitisme, chamitisme ou hamitisme) ou théorie kamitique ( théorie hamitique, théorie chamitique ou théorie khamitique). L’explication de la théorie kamitique est explicité dans Antériorité des Civilisations Nègres Myths ou vérité historique et Nations Nègres et Culture de Ch. Anta Diop. <<…>>Cf. Antériorité des Civilisations Nègres Mythe ou Vérité Historique. <<…>> Cf.Nations Nègres et Culture.

2. Kamitude

D’après les sources dont nous disposons, la kamitude est un concept créé par Pierre Nillon. Pierre Nillon est l’auteur du livre La véritable bible de Moïse. Il est Théologien, égyptologue et historien guadeloupéen selon le site anibwe. Il est un peu plus dans la dimension religieuse et spirituelle. La kamitude dit-il, est le retour a la spiritualite africaine :<<En 1990 le théologien et indépendantiste guadeloupéen Pierre Nillon proposa son concept de la « kamitude » comme alternatif identitaire pour les « afro-descendants » et se basant sur le « Chapitre 10 du livre de la Genèse » dans ce qui est appelé la « Table des nations », donne « Cham / Kam » comme l’ancêtre des Noirs. Au patronyme biblique « Kam », il ajouta le suffixe « itude » exprimant un état, une qualité, une manière d’être, pour donner le mot « kam.itude / kamitude », ce concept a pour but de permettre aux « afro-descendants » qui le souhaitent d’avoir une identité plus conforme à leur réalité.

Dans le concept de la « kamitude », Pierre Nillon pose comme fondement que les « afro-descendants » abandonnent la religion du maître pour le culte solaire d’ Aton instauré par le pharaon iconoclaste Akhenaton et de s’appeler « BaNa KaM » signifiant « les enfants de Kam » en langue bantu, ce qui donna « BeNi HaM » en hébreu biblique (Genèse 10 : 6). >> Pierre Nillon est celui qui par la création de la kamitudepermet de renouer avec les religions et spiritualités africaines.

LA NOTION KAMITIQUE chez CH. ANTA DIOP ET QUELQUES RAMIFICATIONS

Nous voudrions apporter certaines précisions au sujet des attributs et distinctions qui existent entre le kamit, et le Kemitocentré. Il en existe des différences mais pas d’oppositions. le kamite ou kemite c’est d’abord un nègre, un negro africain. le terme désignait les égyptiens pharaoniques et l’Égypte pharaonique. Diop nous apprend que le même mot désigne ce qui est bruler (charbonné). Mais il ne faut pas confondre Khamite /Chamite /Hamite d’origine sémite et Kamite ou Kemite d’origine négro-africain. Dans Nations Nègres et Culture, Diop désigne Kem-t par l’Égypte en citant Pierret. Le vocable lui-même signifie Noire ou la Noire : << On voit donc que le mot kem-t qui est le nom de l’Égypte signifie : la Noire, et le t final étant la marque du féminin égyptien.>> Cf nations Nègres et culture

Des travaux ont été effectués dans plusieurs domaines pour remettre en place des vérités déplacées et des batailles intellectuelles ont été menées pour restaurer la vérité historique. Dans le cadre de la renaissance africaine, nous prenons pour appui la philosophie de Cheikh Anta Diop et de Théophile Obenga. Ces deux auteurs ont en plus de leurs contributions dans les domaines variés de l’histoire africaine et de la philosophie nous ont permis d’établir un système de réflexion duquel nous avons extrait les principe du kemitocentrisme (ou de la kemitocentricité).

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