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Le Parti Pour la Renaissance Africaine : Ultime manifeste pour la libération

« Un mouvement ou un parti politique ne peut survivre et se consolider que s’il a pour base les revendications vitales du peuple. »

Cheikh Anta Diop, Alerte sous les tropiques, page 73.

Dans le souci de libérer les peuples, plusieurs organisations panafricaines ont vu le jour au XXᵉ siècle. Toutes nourrissaient le noble objectif de la décolonisation, c’est-à-dire de se libérer du joug européen. Cela fut fait en partie : les États africains accédèrent à l’indépendance sous certaines conditions qui privilégiaient les ex-colons européens dans les échanges commerciaux et économiques.

La fragmentation de l’Afrique en États-nations en 1960 écarta les Africains du chemin de leur destin. Pourtant, le vœu pieux de Marcus Garvey n’a jamais été oublié. L’idéologie du panafricanisme aidant, l’horizon rêvé ne fut jamais perdu de vue. Cependant, pour y arriver, il fallait bâtir une conscience politique et, comme l’affirmait avec enthousiasme Abdoulaye Wade : « Construire un espace politique continental qui a pour nom États-Unis d’Afrique, voilà l’objectif. » (A. Wade – Un destin pour l’Afrique, p. 175)

L’État fédéral africain, pour qui et avec qui ? Telle est la question. Le souhait des acteurs politiques tels que Kwame Nkrumah était noble, mais il manquait une analyse plus fine axée sur la conscience historique. En effet, l’État fédéral ne peut se faire qu’entre des groupes de personnes refusant l’état de population pour retrouver celui des origines, à savoir l’état de peuple.

Sur cette base, l’État fédéral d’Afrique qui nous intéresse ici est celui d’une fédération qui part de la ceinture soudanaise au cap de Bonne-Espérance, car l’unité culturelle est établie dans cette aire géographique. Le Maghreb, voisin du nord du Sahara, comme tout le monde le sait, a davantage tendance à se tourner vers une Ligue arabe, ou vers le bassin méditerranéen fantasmé.

De plus, les Arabo-Maghrébins se sont eux-mêmes exclus du projet initial de K. Nkrumah, de par leur xénophobie envers les Subsahariens et certaines tensions et tentatives d’expansion territoriale : le cas du Mali avec l’entité Azawad, le cas du Maroc au Sahara occidental et celui du Soudan avec l’arabisation de certaines zones montrent que le voisinage est délicat.

Par conséquent : « Aussi longtemps que les Arabes qui vivent en Afrique se sentiront plus attachés à leurs frères du Proche-Orient qu’au reste de l’Afrique Noire, nous aurons le devoir et le droit de nous défendre devant leur attitude méprisante. » (Cheikh Anta Diop, Alerte sous les tropiques, p. 95)

Le projet de l’État fédéral d’Afrique noire est un projet de renaissance. Et comme tout projet, il est porté par les concernés et par personne d’autre. Théophile Obenga a vite fait de rappeler que : « La Renaissance africaine est éminemment une question de politique générale africaine. Ce n’est pas une question occidentale ou asiatique. (…) Il faut résister à l’affaiblissement du mental africain par les manœuvres sédatives de l’Occident. » (T. Obenga – L’État fédéral d’Afrique noire : La seule issue, p. 49).

Il ressort donc de ce qui précède que ce projet, pour prendre forme, doit être pensé et réalisé par les forces actuelles. Le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) et les autres organisations panafricaines ont déjà joué leur rôle. Il est maintenant question qu’une nouvelle génération, armée de tout le passé historique, se charge de concrétiser l’État fédéral d’Afrique noire là où les prédécesseurs ont failli.

Cette nouvelle génération de femmes et d’hommes engagés et portés par la conscience historique devra mettre en place le PPRA (Parti Pour la Renaissance Africaine). Ce parti politique nouveau ne peut être mis en place que par des Kamites, car le mouvement kamite est le seul, à l’heure actuelle, qui soit capable de débalkaniser les esprits encore prisonniers des découpages de 1885 et de 1960. Il est le seul qui, au-delà du continent mère, soit en mesure de faire converger les consciences dispersées des Antilles et des Amériques. Ainsi, sous la bannière du mouvement kamite et par le truchement de l’appareil politique du PPRA, l’État fédéral s’étendra jusqu’aux Antilles, en passant par Haïti.

L’Afrique Noire se doit de tendre la main à ses siamois d’outre-mer pour leur permettre d’avoir une réelle indépendance au sein de l’État fédéral. Pour y arriver, il faudra que nous mettions l’accent sur l’essentiel et non pas sur l’accessoire, comme cela se constate encore aujourd’hui. L’ego n’a pas sa place dans cet immense projet. Pour un tel projet, chaque acteur doit être capable de se dépouiller de tout pour servir le Tout. C’est seulement ainsi que cet immense pays dont le nom restera à définir pourra enfin avoir son deuxième président, le premier étant, à titre honorifique, le Jamaïcain Marcus Mosiah Garvey.

Contrairement au parti politique classique, le PPRA se démarquera par son dynamisme et parce qu’il prendra en compte toutes les composantes du peuple de cet immense pays à venir. Au Martiniquais Frantz Fanon d’ajouter : « Un pays qui veut réellement répondre aux questions que lui pose l’histoire, qui veut développer ses villes et le cerveau de ses habitants doit posséder un parti véridique. » (F. Fanon, Les Damnés de la Terre, p. 176)

La vérité, valeur cardinale de la Maât, est ce qui doit habiter le PPRA. Cette valeur, associée au collectivisme et à l’optimisme atavique des Mélanodermes de type africain, sera, à n’en point douter, ce qui permettra de fonder une sociologie nouvelle dont la planète entière prendra pour modèle.

L’État fédéral d’Afrique noire, porté par le mouvement kamite et le PPRA, est, contrairement à ce que peuvent penser les sceptiques, tout à fait réaliste et réalisable, car du Sematawy à la cérémonie de Bois-Caïman, nous avons eu là des exemples d’unification, d’union et d’émancipation de notre peuple.

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